Ce que l’esthétique fait à l’éthique
Aux temps déjà lointains où ce blog est venu au monde, il ne m’est pas apparu nécessaire d’en expliciter le sous-titre, «Ethique et esthétique», tant le parrainage de Jules Barbey d’Aurevilly, sous lequel je l’avais placé, me semblait faire sens.
J’ai donc limité l’A Propos à une simple déclaration de principe, essentiellement personnaliste, et qui traduisait avant tout une aspiration à l’accord intérieur, à la réconciliation du «je» et du «moi», du discours et de l’action, exigence trop souvent ignorée par une époque ayant fait du mensonge le couteau suisse de la réussite.
Au fil des articles, cependant, il est apparu que la dimension sociale de l’esthétique, à laquelle j’avais tout d’abord fermé la porte, s’invitait à la faveur d’une réflexion sur la réalité sociétale (Ah ! Les femmes …), politique (De l’éthique et des montres…) ou même … métaphysique (Dieu se marre …).
Et que le propos de ce blog, s’il voulait échapper au narcissisme à quoi se résume trop souvent le dandysme contemporain, devait, à partir d’une esthétique conçue comme support d’une éthique personnelle étendue aux proches, cheminer vers une dimension sociale et donc proprement politique.
L’occasion m’en a opportunément été offerte par le commentaire lapidaire de Nicole, qui, réagissant au billet précédent (C’était un dandy), a jeté une lumière crue(lle) sur les quiproquos qui pouvaient naître de mes positions en cette matière. Il m’arrive de penser que le sujet même du billet incriminé peut m’avoir été inspiré par le besoin de résoudre cette contradiction. Merci à Nicole pour m’avoir poussé dans ce retranchement-là, et rendez-vous dans un prochain billet pour aborder le splendide et terrible aphorisme
«Ce qui est beau n’est jamais mal»



